9 février: deux après et une année avant

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Depuis plusieurs mois, les voyants économiques sont tantôt à l’orange, tantôt au rouge dans des secteurs aussi importants que la métallurgie, l’horlogerie, la finance ou encore le commerce. La hausse du franc suisse en est la cause principale. L’abandon du taux plancher a des conséquences qui se concrétisent, comme prévu, avec quelques mois de battement. A moins d’être aux abois, les entreprises se donnent en effet le temps de préparer leurs décisions avant de les mettre en oeuvre.

La Suisse a eu la chance d’éviter les crises mondiales de 2007/2008 et de 2011. Il a souvent été demandé en quoi consistait le miracle helvétique et la réponse a été de dire qu’il s’agissait d’un savant mélange d’innovation, de formation, de flexibilité du marché du travail et d’équilies politiques et sociaux. De fait, notre pays sortait en tête dans de nomeux classements internationaux.

C’est en train de changer, non seulement sous l’effet du franc fort, mais surtout en raison du repli des mentalités. Deux exemples illustrent cette menace: pour l’innovation, le fait d’être maintenant pratiquement coupé des programmes européens ne peut qu’avoir des effets négatifs à moyen et à long terme. Dans le domaine des transports aériens, supprimer l’accord avec l’Union européenne (UE) consacrerait le retour à l’isolement. On pourrait ainsi égrener la liste des avantages qu’une politique d’ouverture voulue conjointement par notre pays et par ses partenaires a procurés et qui sont en danger. Ce n’est pas, comme le prétendent certains, parce que la Suisse a mené de son propre chef une politique de réforme de son marché. Quand on exporte, il faut bien que le partenaire accepte l’importation. Et le marché unique a précédé la dynamisation du marché suisse.

L’UE, qui débat de l’accord de Schengen sous les coups de boutoir que lui porte la migration, se rend compte que la suppression de cet accord, comme de la lie-circulation, lui coûterait plus cher qu’une gestion renforcée des frontières de l’Union. C’est exactement la même question qui va se poser pour la Suisse. Deux ans après le vote de l’initiative sur l’immigration de masse et une année avant sa mise en oeuvre, il est légitime de se demander s’il faut aggraver le handicap du franc fort par celui de la dénonciation des accords qui nous lient à l’Europe. Si c’est le cas, le franc descendra vite et nous tous avec.


 


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