Adaptons notre système de sécurité sociale!

 | Paru dans Newsletter FER Genève  | Auteur : Olivier Sandoz

La réforme fiscale et financement de l’AVS (RFFA) vient d’être acceptée tant au niveau suisse que genevois. C’est une victoire pour l’emploi, qui va permettre de consolider notre système fiscal tout en assurant notre compétitivité et en donnant momentanément un souffle à l’assurance-vieillesse.

En d’autres termes, ce succès va permettre au législateur d’adapter notre système de sécurité sociale à l’évolution démographique, dans une relative sérénité. Pour autant que ces adaptions interviennent rapidement. En effet, depuis le malheureux rejet du projet Prévoyance vieillesse 2020, la situation notamment au niveau du 2e pilier ne semble pas se débloquer, malgré l’urgence de diminuer le taux de conversion. Pour ce qui est du 1er pilier, le Conseil fédéral a proposé des mesures concernant les dépenses, par exemple l’harmonisation de l’âge de la retraite à 65 ans pour les femmes et pour les hommes, et, d’autre part, une augmentation des recettes. Concrètement, il est prévu de relever la TVA à partir de 2021. Mesures déjà contestées. Il est urgent de trouver des solutions pour adapter un système qui a largement fait ses preuves. En effet, les faits sont implacables: avec l’évolution démographique, de moins en moins d’actifs financent de plus en plus de non-actifs et la pénurie de main-d’œuvre va s’accroître. Cela ne pourra se faire que par des compromis, ce qui devient de plus en plus difficile à obtenir.

Il est d’autant plus urgent d’agir que selon les derniers chiffres de l’Office fédéral de la statistique, les seniors seront bientôt plus nombreux en Suisse que les juniors! A la fin octobre 2018, les personnes âgées de moins de 19 ans représentaient 20% de la population résidente permanente, alors que la part des personnes de plus 65 ans s’élevait à 18,4%. L’écart entre les deux catégories d’âge se réduit d’année en année. Il n’est plus que de 130'449 personnes au profit des juniors. L’inversion de la pyramide des âges a déjà eu lieu dans dix cantons: Berne, Soleure, Bâle-Ville, Bâle-Campagne, Glaris, Schaffhouse, Grisons, Uri, Nidwald et Tessin. Avec 22,6%, c’est au sud des Alpes que la part des seniors est la plus élevée. Grâce à l’immigration, la Suisse romande reste encore épargnée par ce phénomène. L’augmentation de l’âge de la retraite ne doit plus être un tabou, tout comme la notion même d’âge de la retraite. De nombreux pays ont déjà franchi le pas. Il faut permettre aux employés d’envisager un passage à la retraite de façon souple et progressive, même si cela peut engendrer des difficultés pour les organes d’exécution et par conséquent des coûts. Il est temps d’être innovant, loin de tout dogme et idéologie, tout en tenant compte des réalités démographiques et économiques.