Bon sens et confiance

 | Paru dans Blog politique de la FER Genève  | Auteur : Stéphanie Ruegsegger

Soulagement à l’annonce des résultats des votations: Genève tient sa réforme fiscale, acceptée également au plan national. La loi sur les armes est elle aussi adoptée, confirmant la voie de la collaboration dans laquelle notre pays s’est engagé en matière de politique de sécurité et d’asile. Globalement, à l’exception de la CPEG, qui a vu la loi 1 l’emporter à la faveur de la question subsidiaire, ces résultats sont très satisfaisants. Mais au-delà de la satisfaction générale, ce scrutin révèle quelques enseignements, eux aussi réconfortants.

Onze objets étaient soumis au vote des Genevois, pour la plupart d’une grande complexité. Ajoutez à cela un climat délétère sur certains objets, où chaque soutien à un projet était immédiatement noyé sous un flot de commentaires aussi agressifs qu’insultants. Certaines affiches révélaient pour leur part un désir de grand soir, dépeignant des situations à la Zola ou appelant à faire «payer le bourge». Comme si cela ne suffisait pas, un soupçon de fraude électorale est venu animer la fin de campagne. Avec un tel cocktail, tout laissait à penser que le taux d’abstention serait particulièrement élevé et que le réflexe serait de renvoyer l’ensemble des projets à leurs auteurs.

Et bien non. Tout d’abord, le taux de participation genevois est légèrement supérieur à la moyenne nationale, faisant mentir les prédictions pessimistes. Au final, tous les objets soumis ont été acceptés, certains passant à la trappe en raison de la question subsidiaire. Ces éléments montrent la maturité politique des citoyens. Certes, dans un climat de suspicion, beaucoup d’électeurs ont choisi de se rendre au local de vote, plutôt que d’envoyer leur enveloppe, peut-être pour s’assurer que leur vote serait bien pris en compte. Mais ils n’ont pas renoncé à leurs droits civiques. On constate également que la voix du Conseil fédéral comme celle du Conseil d’Etat reste une référence. Car si les recommandations des partis sont sans doute importantes, elles n’ont pas été déterminantes. Pour preuve, la majorité des partis représentés au Grand Conseil s’opposait à RFFA cantonale mais n’a pas été suivie. Ce scrutin montre également que l’outrance ne paie pas et que les citoyens ne sont pas dupes des retournements de veste de dernière minute et des propos haineux. C’est le sens des responsabilités qui l’a emporté ce week-end. Celui des élus, qui ont proposé des projets mesurés et équilibrés, comme celui des citoyens, qui ont préféré le pragmatisme à l’excès.



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