Brexit, immigration de masse: après moi le déluge!

 | Paru dans Blog FER Genève  | Auteur : Delphine Trunde-Jaccard

Quels sont les points communs entre les politiciens qui ont fait campagne pour le Brexit en Grande-Bretagne et ceux qui ont lancé et soutenu l’initiative contre l’immigration de masse en Suisse? Ils sont au moins au nombre de deux. L’opportunisme politique tout d’abord, l’un des ressorts du populisme. Le mécanisme est le suivant: il s’agit de jouer sur les peurs réelles ou fantasmées de la population, de les exacerber et de feindre d’y apporter des solutions très simples. L’unique objectif étant la conquête du pouvoir. Et cela fonctionne plutôt bien. L’écueil survient une fois les propositions issues de ces rangs acceptées par le peuple, au moment où l’on s’attend légitimement à voir concrétisées les solutions promises.

Là, il n’y a plus personne. On le voit aujourd’hui en Grande-Bretagne, c’est la débandade dans le camp des brexiters. Boris Johnson, Michael Gove et Nigel Farage ont soudainement ont disparu des écrans radar au lendemain de la victoire de leur camp. C’est une bien belle façon de remercier les électeurs qui ont apporté leurs voix au Brexit, vous ne trouvez pas? Une belle leçon de courage politique aussi. C’est donc Theresa May, qui a fait campagne en faveur du maintien de la Grande-Bretagne dans l’Union européenne, qui accède au poste de premier ministre après la démission de David Cameron et qui héritera de la lourde tâche de négocier le Brexit. Et même si Boris Johnson réapparaît à la surprise générale au poste de ministre des affaires étrangères, ce n’est pas lui qui sera responsable du dossier européen mais David Davis, un ancien secrétaire d’Etat aux Affaires européen, qui dirigera un nouveau ministère entièrement dédié au Brexit.

En Suisse, nous n’avons certes pas assisté à la démission en masse de politiciens UDC suite à l’acceptation de l’initiative contre l’immigration de masse le 9 février 2014. Mais les membres de ce parti, ses élus ou même son leader charismatique zurichois sont restés bien discrets et ne nous ont pas donné beaucoup de pistes pour sortir de l’impasse. Ils s’en remettent au Conseil fédéral, celui-là même dont ils s’emploient à démolir la crédibilité à longueur d’année.

Aujourd’hui, les membres du Conseil fédéral se retrouvent bien seuls et empruntés pour sortir la Suisse de la situation délicate dans laquelle elle s’est mise seule face à l’Union Européenne. L’ancien conseiller fédéral Pascal Couchepin déclare aujourd’hui dans une interview accordée à la Neue Zürcher Zeitung qu’une possible solution réside dans un contre-projet à l’initiative RASA, qui vise à abolir l’article constitutionnel instauré par l’initiative contre l’immigration de masse. Le Conseil fédéral doit saisir cette opportunité. Cela fait aujourd’hui 29 mois que l’initiative UDC a été adoptée et qu’aucune solution crédible ne se dessine à l’horizon. L’incertitude est un poison pour l’économie. Il est temps d’agir.



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