De la politique spectacle à la politique pschitt

 | Paru dans Blog FER Genève  | Auteur : Stéphanie Ruegsegger

C’est la Tribune de Genève qui nous le révèle aujourd’hui: la moitié des élus communaux ont jeté l’éponge en cours de route. Un phénomène nouveau et inquiétant, qui pose la question de la stabilité et de la crédibilité du jeu démocratique.

Certes, les carrières à rallonge ne sont pas forcément la panacée: ce que l’on n’a pas réussi à réaliser en deux ou trois législatures ne se fera sans doute pas en rempilant pour un tour. Mais si les nouveaux élus peuvent apporter une fraicheur et une vision novatrice dans la gestion des dossiers, le manque de mémoire et de culture politique d’un Parlement pose également problème et peut déstabiliser le fonctionnement de notre démocratie. Bref, pour bien fonctionner, une collectivité a besoin d’une diversité de forces.

Différents facteurs expliquent ces démissions: la jeunesse de certains élus, qu’une nouvelle structure familiale contraint à déménager, les mutations professionnelles, la gestion plus complexe des dossiers, la perte supposée de pouvoir des parlements communaux face à l’exécutif ou au canton, les luttes partisanes propres à certaines formations. Mais cela ne suffit sans doute pas à expliquer le phénomène actuel.

Le fait est qu’aujourd’hui, la politique n’échappe pas à la tendance qui veut que la forme supplée le fond. Un slogan bien senti sera davantage relayé qu’une information fouillée et les showmen politiques trustent le devant de la scène médiatique. Or, entre cette vision spectacle et la réalité du terrain, il y a un pas, de géant. Car avant d’être une tribune, un mandat est avant tout un exercice noble et complexe, qui demande engagement, travail, patience et une bonne dose d’humilité. De là réside peut-être le malentendu, que les partis mériteraient à dissiper lors du recrutement de leurs candidats.



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