De spectateur à acteur

 | Paru dans Blog FER Genève  | Auteur : Ivan Slatkine

Benoît Genecand fait le buzz en cette fin de semaine. L’ancien banquier PLR le dit clairement: il est opposé à la libre circulation des personnes. En fin nez, il sent le vent tourner. Mais, comme le disait une célèbre couturière, être dans le vent est une ambition de feuille morte. Et surtout, la politique mérite mieux que de simples slogans, quand bien même on gouverne aujourd’hui à coup de tweets. Il n’est pas question d’éluder le débat sur la libre circulation des personnes, ni les interrogations, voire les incertitudes qu’elle engendre. On peut encore discuter de la manière de communiquer à ce sujet. Mais il est des faits qui ne peuvent être contredits: la Suisse connaît un taux de chômage qui fait pâlir ses voisins d’envie et des salaires parmi les plus élevés au monde.

La libre circulation a aussi permis de sortir de la décennie particulièrement difficile qui a suivi le rejet de l’EEE. S’il existe une alternative autre que l’isolement qui asphyxierait notre pays, on serait heureux d’entendre le Conseiller national à ce sujet. C’est bien de dire ce qui ne va pas, c’est encore mieux de proposer des solutions constructives, à plus forte raison lorsque l’on est parlementaire.

Le problème est que les coups médiatiques et les décisions politiques répondent à des logiques temporelles différentes. Les coups médiatiques ont un effet quasi immédiat, à horizon électoral, alors qu’une politique se construit – ou se détruit – sur le plus long terme. Il n’est pas question d’annoncer l’apocalypse pour demain, comme certains aimeraient nous l’entendre dire. Mais à défaut de chaos immédiat, ce sont les conditions cadre qui ont fait le succès de la Suisse que les populistes affaiblissent avec constance. Et lorsque cela sera patent, il sera trop tard.



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