En éthique aussi, le mieux peut aussi être l’ennemi du bien

 | Paru dans Blog politique  | Auteur : Stéphanie Ruegsegger

De nombreuses organisations de tous horizons ont déposé une initiative demandant aux entreprises d’être responsables et de protéger l’être humain et l’environnement. Comment ne pas adhérer à ce projet, qui fait écho aux principes inscrits dans notre Constitution? Pourtant, le Conseil fédéral invite à le rejeter, par un message publié ce jour. Pourquoi?

Parce que l’initiative va très loin. Trop loin, selon le gouvernement. En substance, elle demande que les entreprises suisses assument leurs responsabilités en matière de droits humains et d’environnement, en Suisse comme à l’étranger, ce qui est bien entendu souhaitable. Là où ça se corse, c’est que les entreprises basées en Suisse pourront être tenues responsables de comportement fautif commis par des entreprises contrôlées à l’étranger (être un gros client suffit à dire qu’elles sont sous contrôle de l’entreprise suisse) ou commises par une de leurs relations d’affaires.

La Suisse n’est pas restée inactive dans le domaine de la protection des droits humain et de l’environnement. Depuis 2015, trois plans ont été actionné pour inciter les entreprises à assumer leurs responsabilités dans ce domaine. Les initiants demandent beaucoup plus, voulant faire de la Suisse le parangon de la responsabilité des entreprises. Outre la charge extrême que cette initiative engendrerait en termes de contrôles et de rapports, elle ferait porter une responsabilité qui va largement au-delà des législations des autres pays et mettrait en péril la compétitivité économique de la Suisse.

Surtout, en agissant au niveau de notre seul petit pays, elle ne permettrait pas de faire avancer d’un iota les droits humains dans le monde. Un double autogoal pour notre pays.



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