En éthique aussi, le mieux peut être l'ennemi du bien

 | Paru dans Newsletter FER Genève

De nombreuses organisations de tous horizons ont déposé une initiative demandant aux entreprises d’être responsables et de protéger l’être humain et l’environnement. Comment ne pas adhérer à ce projet, qui fait écho aux principes inscrits dans la Constitution suisse?

Pourtant, le Conseil fédéral invite à le rejeter par un message publié cette semaine. Selon le gouvernement, l’initiative va trop loin. Si elle demande, en substance, que les entreprises suisses assument en Suisse comme à l’étranger leurs responsabilités en matière de droits humains et d’environnement, ce qui est bien entendu souhaitable, elle prévoit que les entreprises basées en Suisse pourront être tenues pour responsables d'un comportement fautif commis par des entreprises clientes contrôlées à l’étranger (être un gros client suffit à dire qu’elles sont sous contrôle de l’entreprise suisse) ou commises par une de leurs relations d’affaires. La Suisse n’est pas restée inactive dans le domaine de la protection des droits humains et de l’environnement.

Depuis 2015, trois plans ont été actionnés pour inciter les entreprises à assumer leurs responsabilités dans ce domaine. Les initiants demandent beaucoup plus, voulant faire de la Suisse le parangon de la responsabilité des entreprises. Outre la charge extrême que cette initiative engendrerait en termes de contrôles et de rapports, elle ferait porter aux entreprises suisses une responsabilité largement plus lourde que dans les autres pays et mettrait en péril la compétitivité économique de la Suisse. En agissant au niveau de notre seul petit pays, elle ne permettrait pas de faire avancer d’un iota les droits humains dans le monde. Un double autogoal.