Un danger climatique!

 | Paru dans Entreprise romande  | Auteur : Véronique Kämpfen

La connexion à internet ne cesse de progresser. Quatre-vingt-un pour cent des Occidentaux sont connectés, contre 58% des Chinois et 39% des personnes vivant dans le reste du monde. La progression viendra surtout des pays émergents, à l’exemple de l’Inde, où le nombre de personnes connectées est passé de 218 millions en 2016 à plus de 500 millions en 2018. La consultation d’internet se fait quasiment exclusivement par téléphone mobile; les Indiens passent par internet pour échanger des messages, regarder des vidéos et en poster. Ce qui est vrai dans les pays riches l’est aussi dans les pays pauvres: les gens veulent s’amuser et internet est en passe de devenir le loisir préféré des plus défavorisés. Au Brésil, parmi les personnes qui ne mangent qu’un repas par jour, une sur trois se débrouille pour avoir une connexion internet. La liberté du choix de ses propres loisirs en ligne est un argument phare. Contrairement à la télévision ou à la radio, visionner des vidéos sur son smartphone est une affaire individuelle. Les utilisateurs considèrent internet, et les réseaux sociaux, comme une forme de mobilité sociale qui leur permet de développer leur vie privée. En Asie et au Moyen-Orient, le téléphone portable est la porte vers la liberté: flirt, amitiés, tout devient possible grâce au web.

Les commandes vocales et les messages oraux prendront bientôt le pas sur l’écrit. Outre la rapidité accrue de la dictée sur la rédaction, c’est aussi une façon de contourner l’illettrisme ou l’analphabétisme. Le smartphone et les applications vocales ou vidéo qu’il contient permettent à toute une partie de la population, qui n’avait pas jusqu’à présent voix au chapitre, de s’exprimer.

Les avantages de cette connectivité ne doivent cependant pas cacher le revers de la médaille. Le secteur des technologies de l’information et de la communication représente aujourd’hui 3,7% des émissions de CO2, soit presque le double de celles de l’aviation civile (2%). D’ici à 2025, internet et tout ce qui lui est lié – réseaux sociaux, streaming, cloud, serveurs, etc. – sera responsable de 8% de ces émissions. Le visionnement de vidéos – l’activité en ligne la plus gourmande en énergie – représentait 82% du trafic internet en 2018 et croît sans cesse. Entre besoin de divertissement, de mobilité sociale et bilan écologique, internet est un enjeu majeur. Des efforts sont entrepris par les géants du web pour, par exemple, refroidir leurs serveurs avec de l’énergie durable. Ce développement doit s’accélérer. Le sujet devient urgent.