Finances publiques: les socialistes genevois voient trouble

 | Paru dans Entreprise Romande  | Auteur : Stéphanie Ruegsegger

La publication des comptes 2018 de l’Etat de Genève réserve une heureuse surprise: le canton termine l’exercice avec un bonus de 222 millions de francs. Certes, les charges augmentent toujours, avec une croissance de 4,3%. Mais elles sont compensées par une augmentation encore plus importante des recettes, en grande partie du fait des entreprises.

Dans la foulée de cette annonce, les socialistes y sont allés de leur propre communication. Pour remercier les entreprises genevoises de leur contribution si capitale au financement de l’Etat et des prestations à la population? Ah non, vous n’y êtes pas! Restant dans sa zone de confort – celle des dépenses –, le parti socialiste (PS) genevois se réjouit que le bénéfice de cette année permette de financer son initiative 170 pour limiter les primes-maladie à 10% du revenu. Deux cent vingt-deux millions de francs pour financer une initiative qui coûtera près de 500 millions au départ (et combien d’autres par la suite)? Vous vous dites que vous avez raté un épisode. Non, mais vous avez sans doute loupé le cours de comptabilité publique du PS genevois. Pour arriver à ce résultat, celui-ci a sorti sa calculette magique. Voyez plutôt: 222 millions de bénéfice + 157 millions de réserve pour un éventuel versement rétroactif de l’annuité 2016 + 187 millions de déficits budgétisés non réalisés, cela fait 563 millions de bénéfices selon le PS, soit largement de quoi financer leur initiative! Mais il y a comme un souci. Pas tant dans le fait que cette addition donne une somme 566 millions et non 563 comme le stipule le communiqué de presse. Le problème viendrait plutôt de la transformation d’une réserve, présentée comme justifiée (et donc libérable), en bénéfice. Mais plus encore du fait que l’on comptabilise un déficit budgétisé mais non réalisé comme un gain! Si une telle pirouette comptable était possible, les comptes déficitaires appartiendraient à l’histoire ancienne.

Outre sa conception particulière de l’orthodoxie comptable, le PS a également une perception à géométrie variable des coûts. Alors qu’il estime son initiative à un demi-milliard tout à fait supportable, il juge dans le même temps la réforme fiscale cantonale des entreprises, au coût près de trois fois inférieur, totalement irréaliste. Allez comprendre pourquoi. C’est sans doute que le maintien des entreprises et des emplois a moins d’importance à ses yeux.



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