L'amour du risque

 | Paru dans Blog FER Genève  | Auteur : Delphine Trunde-Jaccard

L’excellente revue Hémisphères, éditée par la HES-SO, consacre son dernier volume au concept du risque. Tour à tour valorisé, encouragé ou redouté, le risque est ambivalent. Lorsqu’il est entrepreneurial, il s’avère indispensable à l’innovation. Mais, dans le domaine sécuritaire ou sanitaire règne la stratégie du risque zéro.

Les Suisses n’aiment pas le risque ou, plus exactement, semblent le craindre plus que d’autres. Les jeunes Suisses entre 18 et 24 ans sont quatre fois moins disposés à créer leur propre entreprise que leurs homologues slovaques, conclut le dernier rapport Global Entrepreneurship Monitor.

Comment l’expliquer? L’amour du risque est-il ancré dans nos gènes, est-il le fruit de l’éducation ou alors une question de culture, d’histoire? Un entrepreneur à succès racontait récemment que lors d’un séjour dans l’une des filiales américaines de son groupe, il avait demandé à un jeune candidat pour un poste dans le marketing de le conduire à l’aéroport. Le jeune homme accepta, mais rapidement la voiture fut bloquée dans les embouteillages. L’entrepreneur risquait de manquer son vol. Le conducteur n’hésita pas, demanda à son passager de s’accrocher, et fit un virage à 180 degrés en coupant une double ligne blanche pour prendre un autre itinéraire permettant de rejoindre l’aéroport plus rapidement. Le courage qu’il faut pour prendre ce risque mesuré – c’est-à-dire une lourde amende – fut salué puisque, suite à cette aventure, l’entrepreneur décida d’engager le jeune candidat.

La morale de cette histoire est que la prise de risque peut être payante dans certaines situations, à la condition de savoir l’évaluer. Et vous, quelle décision auriez-vous prise à la place de ce candidat?



Poster un Commentaire