L’immigration en recul: statistiques et ressenti ne font pas toujours bon ménage

 | Paru dans Blog de la FER Genève  | Auteur : Stéphanie Ruegsegger

Une information se distingue dans la torpeur médiatique estivale: l’immigration est en recul dans notre pays et connait même son niveau le plus bas depuis 12 ans. Ironie de l’actualité, la gestion de l’immigration est au programme des devoirs d’été des milieux politiques de notre pays, consultés à ce sujet par la Confédération.

Les acteurs concernés sont en effet invités à se prononcer sur les dispositions d’exécution de l’article constitutionnel sur l’immigration de masse, en particulier sur les modalités d’annonce des places vacantes, comme imaginé dans le modèle voté par les Chambres fédérales en décembre dernier. Même si les efforts pour valoriser le potentiel de main-d’œuvre locale en Suisse méritent d’être soutenus, même si la perte d’un emploi est toujours une épreuve, force est toutefois de constater que notre pays n’est touché par le fléau du chômage que dans une mesure tout à fait limitée. Le fait est également que l’entrée en vigueur des accords bilatéraux n’a en rien péjoré notre situation sur ce plan : l’immigration n’a clairement pas fait augmenter le chômage.

La publication des chiffres de l’immigration annonce par ailleurs un net recul au premier semestre 2017. Une analyse plus fine relève que notre pays est moins attractif pour les travailleurs européens et que ce sont nos entreprises, en carence de spécialistes, qui sont demandeuses. Voilà de quoi contredire l’image d’une immigration massive, à l’assaut de notre pays.

Statistiques et ressenti ne s’accordent donc pas toujours. Il n’empêche qu’il faudra quand même apporter des réponses à un problème supposé qui a été, sinon créé, du moins artificiellement gonflé par des populistes qui s’en nourrissent. Le projet de mise en œuvre de l’article constitutionnel pourrait en être une. Si notre Fédération n’a pas encore arrêté officiellement sa position sur ce projet, elle le soutiendra dans la mesure où il repose sur une conception pragmatique du marché du travail et permet de mieux valoriser le potentiel de main-d’œuvre locale, sans créer d’inutiles entraves administratives.



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