L'indignation à géométrie variable

 | Paru dans Blog de la FER Genève  | Auteur : Stéphanie Ruegsegger
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Deux projets d’importance sont sous le feu de l’actualité ces derniers jours: le projet qui doit succéder à la RIE 3, j’ai nommé PF 17 (pour projet fiscal 2017), et l’aboutissement de l’initiative sur le congé paternité. Sans entrer dans le détail de ces projets sur lesquels nous aurons largement l’occasion de revenir, un élément m’a interpelée. Certains élus de gauche (voire d’extrême gauche) s’étouffent d’indignation sur la contrepartie sociale qui accompagne le paquet PF 17, à savoir la proposition d’augmenter les allocations familiales (AF) fédérales, de 200 francs à 230 francs.

Un projet inadmissible aux yeux de ces Robins des Bois 2.0, puisqu’il mettra potentiellement à contribution des entreprises qui ne profiteront pas de la réforme. On pourrait rétorquer que celle-ci est relativement modeste et qu’elle ne touchera que les quelques cantons qui servent des prestations familiales minimales. Même s’il est un peu surprenant de voir la gauche genevoise – puisque Genève, qui sert des AF bien supérieures à ces montants, ne sera pas touché par ces augmentations – voler au secours des certains cantons alémaniques, pourquoi pas.

On ne l’entend toutefois pas s’indigner des conséquences d’un congé paternité de quatre semaines, dont le coût incomberait aux entreprises. Tout comme elle a été peu diserte sur le quasi doublement des AF, voté au début de cette décennie, qui a pourtant alourdi les cotisations patronales genevoises de 1%. Elle est en revanche plus bavarde lorsqu’il s’agit de transférer aux entreprises le coût des transports publics ou des soins dentaires, sans que l’on comprenne vraiment en quoi elles devraient assumer ces charges. Logique et bonne foi ne font pas toujours bon ménage avec la politique. 



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