La croissance en Suisse au 4e trimestre 2015: mieux que prévu

 | Paru dans Entreprise romande  | Auteur : Yannic Forney

Selon le Secrétariat d’Etat à l’économie, le produit intérieur brut (PIB) réel de la Suisse a progressé de 0,4% au quatrième trimestre 2015. En perspective annuelle, l’estimation provisoire de l’évolution du PIB en 2015 montre que le PIB réel a cru de 0,9%, contre 1,9% en 2014. Malgré le sévère ralentissement de l’économie, ces résultats sont toutefois meilleurs que ceux qui avaient été pronostiqués suite à l’abandon du taux plancher par la Banque nationale suisse le 15 janvier 2015. Du côté des dépenses, c’est principalement grâce à la consommation des ménages et du secteur public que des impulsions ont été données. Du côté de la production, les résultats provisoires annuels dévoilent que la valeur ajoutée a progressé dans les branches de la santé humaine et des activités sociales, ainsi que dans l’industrie manufacturière. Toutefois, ces tendances ne signifient pas qu’il y a une évolution positive dans ces secteurs de l’économie, le PIB mesurant purement l’activité marchande. L’industrie chimico-pharmaceutique a aussi particulièrement bien tiré son épingle du jeu.

En revanche, sur l’ensemble de l’année 2015, le commerce et les services financiers ont été caractérisés par une évolution négative. En termes d’exportation, certains secteurs comme l’horlogerie ou les instruments de précision vivent une passe difficile. Que pouvons-nous déduire de ces évolutions? Pour le moment, il semblerait que la Suisse s’en sorte un peu mieux que prévu, mais ce résultat repose sur des équilibres fragiles et sur une définition strict du PIB.

En effet, la dynamique positive du commerce extérieur est principalement liée à l’industrie chimico-pharmaceutique et aux fortes dépenses de l’Etat. En revanche, les branches de l’horlogerie, de la bijouterie et des instruments de précision sont affectées par l’évolution globale de l’économie. Il est ainsi fort possible que l’évolution positive du PIB au quatrième trimestre ou en variation annuelle soit le haut du panier et qu’en 2016, la croissance attendue soit proche de celle de 2015. Cela dépendra de la capacité de notre économie à faire face à la crise du franc fort, à innover et créer des emplois. La situation dépendra aussi de l’évolution de la conjoncture européenne et mondiale.



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