Le commerce de détail est en berne et les syndicats nous bernent

 | Paru dans blog politique  | Auteur : Stéphanie Ruegsegger

Les chiffres viennent de tomber, malheureusement sans grande surprise: le commerce de détail suisse est en recul, principalement dans le secteur non alimentaire. Et ce qui vaut pour la Suisse est encore plus marqué à Genève, qui doit faire face à une concurrence particulièrement féroce. 

Une situation alarmante qui n’effraie toutefois pas les syndicats qui se battent contre toute amélioration des conditions-cadre du secteur. Même la modeste proposition d’ouvrir, pour une période test, trois dimanches par année, attise leur courroux. Pour remporter la partie, ils usent de tous les moyens, quitte à raconter n’importe quoi. Dans le «face à face» d’un journal local qui l’oppose à la présidente de la Fédération du commerce genevois, une représentante syndicale (issue du secteur de la communication) égraine les contre-vérités. Certes, sa réalité quotidienne est bien éloignée de celle des commerçants, qu’elle méconnaît, mais il y a quand même des limites à ne pas franchir. 

Ainsi, lorsqu’elle souligne qu’avec cette loi, les salariés seraient sans protection car il n’y a plus de convention collective de travail (CCT) de secteur, elle omet de dire que ce sont les syndicats eux-mêmes qui ont dénoncé cette CCT, pourtant considérée comme la plus généreuse de Suisse. Elle omet aussi de rappeler que le secteur est actuellement couvert par un contrat-type de travail avec salaires minimums impératifs. Pas un mot non plus sur le fait que la nouvelle loi autorisant les trois ouvertures dominicales impose dans ce cas aux commerces d’accorder au personnel occupé les compensations prévues par les usages de leur secteur d’activité pour le travail dominical exceptionnel, soit un supplément salarial de 100% ou une compensation en temps de durée équivalente.

Ajoutons également que, comme lors de l’ouverture du 31 décembre (jour férié à Genève), il n’est guère difficile de trouver des volontaires pour travailler un jour férié, compte tenu du niveau des compensations. On est bien loin de la situation à la Zola décrite par les syndicats. 
Par leur action, les syndicats attaquent de façon déloyale un secteur déjà affaibli. La méthode n’est déjà pas bien jolie en soi. Mais le pire est qu’elle se fait au mépris des intérêts des salariés de la branche, pour de basses questions politiques et dogmatiques.



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