Pourquoi je me ferai vacciner

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On manque de recul sur les vaccins contre le Covid-19, développés à une vitesse inédite, pour certains avec une nouvelle approche. De mauvaises surprises ne peuvent être exclues. Et pourtant, je me ferai vacciner sans hésitation. Premièrement, parce que si cela représente peut-être un risque, ne pas le faire en représente sûrement un bien plus grand. Le Covid-19 ne cause fréquemment que des symptômes sans gravité. Cela laisse penser à tort qu’il ne s’agit d’une maladie dangereuse que pour les groupes à risque. Or, des personnes qui n’en font pas partie sont également gravement atteintes. Elles sont certainement beaucoup plus nombreuses, proportionnellement, que celles qui souffriront d’éventuels effets secondaires du vaccin.

Si toute la population genevoise se faisait immuniser avec le vaccin de Moderna, il y aurait en effet cinq réactions allergiques graves (et zéro décès), si l’on en croit les essais cliniques. Soyons totalement paranoïaques et multiplions ce chiffre par cent. Cinq cents réactions graves, c’est moins que le nombre cumulé des décès du Covid-19 à Genève depuis le début de la pandémie: six cent soixante-six. C’est aussi près de huit fois moins que le nombre des hospitalisations pour la même cause: trois mille huit cent nonante-cinq. Entre deux risques, je choisis logiquement le moindre.

Deuxièmement, parce que, comme tout le monde, je suis impatient de voir la fin de la pandémie. Or, je ne vois que trois manières d’en sortir. On peut espérer que le virus mutera vers une forme plus bénigne, comme l’a fait celui qui a causé la grippe espagnole. Le pari me paraît très risqué et les récentes mutations vont plutôt en sens inverse. On peut attendre que le virus ait suffisamment circulé pour que s’installe une immunité de groupe. Cette option aurait un coût humain effroyable. Enfin, on peut miser sur la vaccination. L’effet ne sera cependant pas atteint si trop de gens s’en abstiennent, en se disant qu’il vaut mieux laisser les autres le faire et bénéficier du résultat sans y avoir contribué. Je n’ai pas l’intention de jouer ce jeu et j’assumerai donc ce que j’estime être ma part de responsabilité envers la société et tous ceux qui souffrent de la pandémie et de ses conséquences.

Pour couronner le tout, quand mes proches et moi seront immunisés, nous pourrons enfin laisser tomber les gestes barrière, nous réunir et nous embrasser sans arrière-pensées. Cette perspective me rend très heureux. Et vous?


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