Prenons une bonne dose de suissitude!

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La nouvelle loi fédérale sur le Swiss made, ou loi Swissness, adoptée par le parlement en juin 2013, est entrée en vigueur le 1er janvier 2017. Elle entend renforcer la protection de la marque suisse contre une utilisation abusive afin de garantir ses valeurs, qui convainquent les consommateurs mondiaux à payer plus pour la qualité suisse. Si chacun s’accordait à vouloir renforcer cette protection, le travail de révision a été compliqué, pour cause d’intérêts divergents des branches concernées.

Dans l’industrie, les produits manufacturés doivent être, au minimum, à 60% suisse. Même adoptée, Swissness reste la cible de nombreuses critiques concernant soit ce taux - jugé suffisant ou non - soit l’approche globale. Quoi qu’il en soit, ces questions ayant trait au savoir-faire relié à une zone géographique, sont d’actualité. Ainsi, lors du lancement mondial, face au Grütli et en grandes pompes, de la première montre connectée de TAG Heuer, il a beaucoup été question du Swiss made. Malin, Jean-Claude Biver, président du groupe horloger de LVMH, a obtenu d’Intel que ces gardetemps soient développés à La-Chaux-de-Fonds, même si la technologie de base est californienne. Il peut donc bénéficier du label Swiss made, la loi n’ayant pas intégré les développements horlogers liés au numérique. Cette possibilité s’avèrera peutêtre cruciale, car le label permet de se positionner à un échelon supérieur aux produits de la concurrence étrangère, dont l’Apple Watch.

Autre lieu, autres enjeux. Au Salon Habitat-Jardin, qui s’est tenu à Lausanne, une maison à l’aménagement 100% suisse a attiré les visiteurs, curieux de découvrir ce décor local, de la machine à café à la boîte à outil, soit près de cent cinquante objets familiers. Un aménagement s’inspirant d’atouts prêtés aux Suisses: il n’est pas forcément le plus exubérant du monde, mais il a le mérite d’être précis et ingénieux. Il plaît ainsi, il rassure.

En résumé, il n’est certes pas possible de comparer des secteurs qui n’ont d’autre point commun que la provenance de leur créateur, de leur marque, ou de leur lieu de production. Il est également délicat de faire le rapprochement entre ceux qui ont à tout prix besoin de la protection du label et ceux qui utilisent uniquement des références tournant autour de l’origine. Toutefois, il est intéressant de noter que le pragmatisme permet d’explorer des pistes qui ménagent à la fois le droit et la compétitivité. Et cela aussi, c’est un atout (suisse) qui mérite d’être renforcé.

 


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