Ressources humaines: le directeur dans son miroir

 | Paru dans Newsletter FER Genève

Avant de signer un contrat d’embauche, le directeur des ressources humaines doit de plus en plus réfléchir à sa propre façon de travailler. Pour le directeur général de Manpower Suisse, «on ne pourra plus recruter à l’avenir comme nous le faisons actuellement».

Les soft skills prennent de l’importance, c'est-à-dire savoir-être dont une bonne partie ne s’apprend pas. Offrir de la confiance au collaborateur devient primordial. Durant le Forum économique romand du 12 juin consacré à ce sujet à l’EPFL, les spécialistes ont également constaté que les compétences se multipliaient au sein des entreprises. Cela impose des méthodes de management du personnel elles aussi diversifiées.

Le directeur des ressources humaines doit impérativement garder un œil sur la formation des collaborateurs. Alors que Camille Bloch SA s’est lancée dans une digitalisation raisonnée, son directeur des finances et du personnel est inquiet: on ne trouve pas de confiseurs sur le marché du travail, ce qui est ennuyeux pour une grande marque de chocolat. La filière de l’apprentissage prend alors tout son sens. L’informatisation s’effectue à pas comptés dans cette société familiale. Elle préfère parfois d’autres voies pour pousser l’innovation: «Pourquoi ne pas confier un projet à quelqu’un qui ne l’a jamais fait?», remarque-t-il.

Dans le monde des ressources humaines, on est déjà prêt pour les modifications de la législation fédérale qui interviendra dès le mois de juillet en termes de recrutement (obligation d'annonce des postes vacants). De l’avis général, il ne faudrait surtout pas que ces dispositions cassent le dynamisme économique actuellement constaté.

Les méthodes de travail se modifient, elles innovent bien avant la production finale. Ne pas accepter ces changements en amont, c’est prendre le risque de pénaliser le produit ou le service destiné au client.

Evoquer une pénurie de talents de façon linéaire n’est plus suffisant. Certains experts se demandent pourquoi un collaborateur changerait d’entreprise pour faire la même chose ailleurs. Or, dans son cahier des charges sur les capacités recherchées, le responsable du personnel a tendance à vouloir des compétences bien établies et prouvées, donc aussi un peu statiques.