Revenu de base inconditionnel: les travers du test finlandais

 | Paru dans Blog FER Genève  | Auteur : Yannic Forney

La Finlande prévoit de tester un revenu de base entre le 1er janvier 2017 et le 31 décembre 2018. L’expérience se limiterait à la tranche d’âge des 25-63 ans et l’allocation serait comprise entre 550 à 600 euros par mois. Une expérience à l’échelle nationale? Il n’en est rien. L’idée finlandaise est plutôt de tester le revenu de base à partir d’un échantillon représentatif de 5'000 personnes. Le revenu de base inconditionnel (RBI) finlandais serait donc loin du modèle projeté par les partisans de Suisse qui, rappelons-le, souhaitent introduire un RBI à l’échelle nationale pour tous (y compris les enfants), avec un montant de 2'500 francs par mois et par adulte, soit un coût total de 208 milliards de francs par an!

L’objectif du RBI finlandais serait de relancer l’emploi, car ce pays a un taux de chômage de 9,4% (décembre 2015) et une économie qui stagne depuis 2012. Rien à voir avec la Suisse qui est caractérisée par un faible taux de chômage et une économie plutôt dynamique. Le gros problème en Finlande, c’est que l’Institut Kela (Institut des assurances sociales), à l’origine de la proposition, ne peut financer qu’une proportion limitée de 1'500 personnes. Si le gouvernement n’entre pas en matière sur le financement du reste de l’échantillon, alors ce test pourrait être compromis. Le budget ad hoc doit encore être voté. Selon les experts finlandais, le projet creuserait un déficit de 11 milliards d’euros dans les comptes de l’Etat et passerait par une augmentation des impôts. Le modèle finlandais suscite déjà beaucoup d’opposition et en particulier parmi les syndicats. Il y a de fortes craintes que l’économie ne sera en rien stimulée, que l’édifice social s’écroule, que le surcroît de revenu soit ponctionné par les impôts supplémentaires et que l’incitation au travail rêvé ne décourage finalement les travailleurs. Comme le dit très bien Olli Kangas, directeur de recherche à l’institut Kela: «Nous ne savons pas si les gens vont continuer de travailler ou, au contraire, passer, la journée à boire des bières!». A méditer avant de voter le 5 juin.



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