Travail, emploi et développement durable

 | Paru dans Newsletter FER Genève  | Auteur : Olivier Sandoz

Cette semaine, pour la première fois de son histoire, le Bureau international du travail (BIT), plus ancienne agence spécialisée de l’ONU, a ouvert ses portes au grand public à l’occasion d’une journée portes ouvertes organisée en partenariat avec la Fondation pour Genève.

L'objectif était de faire mieux connaître cette organisation à la population, ses activités, son histoire et les défis qui l'attendent, notamment l’avenir du travail. Ce fut un véritable succès - plus de mille quatre cents visiteurs ont découvert le BIT au travers de jeux interactifs, de visites et de conférences. Une table ronde sur le thème «Comment concilier plein emploi et travail décent avec le développement durable?» a clos cette journée de festivités. La bonne nouvelle, c’est que tous (milieux académiques, politiques, économiques et syndicaux) ont parlé d’une seule voix pour reconnaître la gravité de la situation, notamment climatique. Si Sophie Swaton, maître d'enseignement à l’Université de Lausanne, a tenu des propos très alarmistes proches de ceux des collapsologues (la collapsologie désigne l'étude de l'effondrement de la civilisation industrielle et de ce qui pourrait lui succéder), tous les participants, bien que d’accord sur l'urgence d'agir, ont été plus mesurés.

La conciliation du travail, du plein emploi et du développement durable est une condition pleinement partagée; c’est sur le délai et les moyens d'y parvenir que les avis ont divergé. Cela a été l’occasion pour la FER Genève de rappeler quelques fondamentaux. Les entreprises évoluant dans un monde de plus en plus compétitif et globalisé, elles ont besoin de pouvoir bénéficier des meilleures conditions cadre possibles, dont le climat fait partie. L’acceptation de la RFFA, tant au niveau fédéral que genevois, les renforce, mais la Suisse doit néanmoins encore consolider ses relations avec l’Union européenne et adapter son système de sécurité sociale à l’évolution de sa démographie.

La thématique traitée lors de la table-ronde relève de la responsabilité sociale des entreprises. Il y a été rappelé que la responsabilité sociale première d’une entreprise est d’assurer sa pérennité pour proposer des places de travail, payer des salaires et se projeter dans une vision à long terme, composante essentielle du développement durable.La cohésion sociale, que l’on soit de gauche ou de droite, doit être impérativement préservée. La redistribution des richesses participe de cet objectif. Mais il faut garder à l’esprit que pour redistribuer de la richesse, il faut d’abord en créer. Ce à quoi contribuent largement les entreprises.

L’enjeu est donc de permettre aux entreprises d’assurer leur pérennité, de créer de la richesse, le tout dans une vision à long terme, en tenant compte des intérêts des différentes parties prenantes. Pour y parvenir, il est essentiel de faire preuve d’ouverture, de capacité de dialogue, de compromis. Le partenariat social a un rôle fondamental à jouer.