Vous reprendrez bien un peu d'impôts?

 | Paru dans Blog FER Genève  | Auteur : Stéphanie Ruegsegger

Même si Noël est passé de quelques jours, la nouvelle année s’ouvre avec son lot de surprises. De petits cadeaux que l’Etat se fait à lui-même… Mais qui ne devraient pas réjouir les contribuables.
Il y a près de 2 ans, les citoyens - suisses et genevois - acceptaient la nouvelle loi sur le financement et l’aménagement de l’infrastructure ferroviaire (FAIF), laquelle prévoyait différentes dispositions pour alimenter le fonds qui lui est lié.

Parmi ces mesures, une limitation, au titre de l’impôt fédéral direct, de la déduction des frais de transports. Ce changement, attendu, est entré en vigueur au premier janvier de cette année. Ce qui n’était en revanche pas prévu, c’est que le Conseil d’Etat genevois allait s’inspirer de la Confédération pour gagner quelques millions, en limitant drastiquement cette déduction - qui correspond aujourd’hui aux frais réels - à CHF 500.- par an, soit l’équivalent de l’abonnement annuel TPG. 

L’Etat a besoin d’argent et doit être soutenu dans ses efforts pour rééquilibrer le budget. Certes. Mais on aurait préféré qu’il cherche d’abord à faire de vraies économies et qu’il entame des réformes structurelles. Il est vrai qu’il est plus facile de demander aux autres, en l’occurrence le citoyen, de faire l’effort! On aurait également apprécié qu’il ne s’en prenne pas spécifiquement à une catégorie de contribuables, à savoir ceux qui ont besoin de se déplacer pour gagner leur vie - et accessoirement -  entretenir le train de vie de l’Etat.

Le Conseil d’Etat et la majorité gauche-MCG du Grand Conseil comptent peut-être sur le sentiment anti frontaliers pour faire passer la pilule. Beaucoup d’entre eux sont en effet impactés par la réforme. Mais c’est oublier un peu vite que l’économie genevoise a aussi besoin d’eux pour fonctionner. C’est ensuite nier le fait que nombre de résidents genevois passeront également à la caisse, notamment ceux dont les horaires de travail ne permettent pas de prendre les transports publics.

Au final, près d’un contribuable sur cinq payera plus d’impôt et, parmi ceux-ci, 80% sont domiciliés à Genève. Bref, cette loi, à peine votée dans la confusion du débat budgétaire de fin d’année, pourrait rapidement  être combattue par référendum. Les citoyens auront alors le dernier mot.
 



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