Vrai ou faux? Les arguments des opposants à la loi sur les armes

 | Paru dans Entreprise romande  | Auteur : Pierre Cormon
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«Un diktat de l’Union européenne» Faux.

La Suisse étant partie à l’accord de Schengen, elle a participé aux travaux menant à l’évolution des règles. Elle a d’ailleurs pu négocier des exceptions sur certains points, notamment à propos des armes de soldats.

«La majeure partie des armes semiautomatiques serait interdite» Vrai, mais...

Les termes sont trompeurs. Si la révision propose de classer ces armes potentiellement très dangereuses dans la catégorie «armes interdites», ceux qui en détiennent pourront les garder. Il sera toujours possible d’en acquérir, pour peu qu’on pratique le tir sportif ou qu’on soit collectionneur. Le demandeur devra indiquer s’il compte acquérir l’arme pour le tir sportif ou en tant que collectionneur et, dans ce dernier cas, comment il compte la conserver et la présenter.

«Des exigences démesurées» Vraiment?

Les automobilistes sont tenus à des exigences plus nombreuses: obligation de passer le permis de conduire, de s’assurer, de solliciter une plaque d’immatriculation, de conserver leur carte grise, de passer des contrôles périodiques, des contrôles antipollution, de ne pas boire avant de conduire et de payer l’impôt. Une kalachnikov est-elle un objet plus anodin qu’une Peugeot?

«Les chasseurs seront soumis à des tracasseries supplémentaires» Faux.

Aucune ligne, aucune virgule de cette révision ne concerne les chasseurs.

«Le soldat de milice n’aura plus le droit de garder son arme» Faux.

La Suisse a négocié une exception en leur faveur, pour tenir compte des traditions helvétiques.

«Pour les criminels et les terroristes, rien ne change» Faux.

Si cette révision a été élaborée, c’est justement pour renforcer les instruments de lutte contre le trafic d’armes. Les criminels et les terroristes auront donc plus de peine à s’en procurer. Ils se frotteraient en revanche les mains si la Suisse quittait Schengen.

«Schengen n’est pas en danger» Faux.

L’article 7 alinéa 4 de l’accord de Schengen stipule que l’adhésion de la Suisse expire automatiquement après six mois si le développement de l’acquis n’est pas mis en oeuvre. Contrecarrer ce mécanisme ne serait pas totalement impossible, mais si diffi cile qu’on ne peut pas se reposer sur cette chance très incertaine.

«De nouveaux durcissements pourraient suivre» Vrai.

Le dispositif de lutte contre le trafi c d’armes est réévalué périodiquement par les pays partie à l’accord de Schengen, notamment au vu des développements de la lutte contre le terrorisme. S’il s’avère qu’il présente des lacunes, des mesures seront évidemment prises pour les combler. La Suisse sera pleinement associée à ces discussions.


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